Montréal épisode 2

 

Nous autres français, connaissons peu de choses de la cuisine québécoise. Je ne connaissais que la poutine de nom : plat à base de frites, de sauce brune et de fromage, dont on parle en ricanant un peu lorsque l’on évoque la cuisine CANADIENNE.

Il est facile pour nous de ricaner, notre pays est tellement connu pour sa gastronomie : les étrangers savent énoncer (avec un accent adorable) sans problèmes des dizaines de plats censés représenter notre Culture Gastronomique  : « La cuisse de grenouille », « Le lièvre à la royale », « Le gratin dauphinois », « Le bœuf bourguignon.»  Alors que le même étranger a une chance sur deux de tomber, en débarquant dans notre Capitale, sur un bistrot qui sert un croque-monsieur Métro.

Il est plus difficile pour un québécois, de déterminer son « identité culinaire ». Le Québec est une région Nord-Américaine, mais aussi très francophile, influencée par des vagues d’immigrations successives (italienne, chinoise, grecque, maghrébine) le tout dans un pays immense. Pourtant, depuis une dizaine d’année des chefs comme Martin Picard ou Norman Laprise cuisinent en défendant leur terroir, montrant la voie à une génération de jeunes chefs.

phokkto

Sophie Ouellet a monté son restaurant Evoo, avec Peter Saunders, dublinois, et Claudie spécialiste des vins. J’ai eu la chance d’y dîner lors de mon premier soir à Montréal, où j’ai croqué littéralement dans le terroir canadien à pleines dents.
Au menu que des produits canadiens, de saison une cuisine simple, mais hyper précise et inventive. 5 plats justes, dont je me souviendrais longtemps, moi qui ne suis pas tellement une dent sucrée, comme on dit ici, je suis tombée en pâmoison devant le gâteau aux noisettes, coing, glace au Candy Cap, cèdre (le Candy Cap est un champignon, que l’on mangé séché et qui a un goût de sirop d’érable.) Comme si la forêt canadienne avait explosé dans ma bouche.

LA POUTINE

Dans un autre registre j’ai décidé le lendemain d’aller tester la fameuse Poutine : tout le monde m’avait prévenu « attention c’est très gras »,« c’est surtout un plat que l’on mange bourré pour éponger à 3h du matin.»
Je me suis préparée physiquement  en marchant par – 20 degrés, 40 minutes pour rejoindre Geneviève et Vincent du super beau et passionnant magazine Food : CARIBOU. Nous avions rendez-vous à la Banquise, temple de la Poutinerie à Montréal où les locaux comme les touristes peuvent faire la file 1 heure dans le froid pour goûter une des 20 poutines au menu. Pour ma première fois je me suis concentrée sur la classique (frites / sauce brune et fromage en grain / que l’on appelle ici fromage en crotte.)

Le Verdict  ? Peut-être que mon palais a développé une grande résistance au gras mais j’ai fini ma poutine sans problèmes. C’est, fumant et bien goûtu, je comprends tout à fait que les canadiens et leurs -30 degrés ce soit choisit ce plat chaleureux comme plat national.
D’ailleurs Vincent, journaliste plutôt tendance slow food le comprend aussi : « la poutine est un plat réconfortant, y’a pas de gène à dire que c’est un plat national, je suis à l’aise pour le dire »

Je serai, pour ma part, très à l’aise pour en manger une deuxième assortie d’une petite glace au candy cap en dessert. Vive la Cuisine québécoise libre !